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Un mystérieux système d'écriture, le rongorongo

Les Rapa Nuis sont le seul peuple polynésien à avoir mis au point un système d’écriture, appelé le rongorongo. Ce dernier est même l’unique forme d’écriture connue de toute la zone océanienne. C’est en 1870 que le missionnaire Hyppolite Roussel découvre l’écriture rongorongo chez des indigènes de l’Ile de Pâques, sur des tablettes en bois recouvertes de signes gravés que les Pascuans appellent « Ko Hau Motu Mo Rongo Rongo ». Les missionnaires présents sur l’île à ce moment-là ordonnent de toutes les brûler.

A la suite de divers évènements sur l’île - les rapts pour faire du peuple rapanui des esclaves, les guerres, les missionnaires, les navigateurs et bien d’autres encore - le rongorongo est tombé dans l’oubli. Depuis la mort des lettrés enlevés par l’expédition péruvienne, plus personne ne fut en mesure de lire les tablettes. Elles constituent ainsi aujourd’hui un des plus grands mystères de l’île de Pâques.

On dispose néanmoins de quelques informations. Les spécialistes de ces tablettes ont estimé qu’il existait près de 600 caractères différents : on reconnaît nettement des représentations d’hommes, d'objets quotidiens mais aussi de poissons, de lézards et d'oiseaux.  
L’interprétation de ces tablettes donne toujours matière à discussion. À noter d’ailleurs que l’écriture rongorongo n’a aucun rapport avec la langue rapanui… Un autre mystère.

On s’accorde évidemment à dire qu’il s’agit d’une écriture idéographique, de forme zoomorphe, anthropomorphe et géométrique. En aucun cas il n'y a d’alphabet ou de syllabe. À un dessin donné, on associe un mot ou une idée. Les combinaisons de plusieurs pictogrammes ne sont effectivement pas à exclure, elles peuvent avoir une autre signification d’un dessin à l’autre.
Ces tablettes sont en effet écrites selon un schéma inédit et leur lecture serait tout aussi particulière. Le texte est divisé en lignes paires et en lignes impaires. Les lignes paires sont orientées de droite à gauche et les lignes impaires de gauche à droite. La lecture se ferait donc alternativement de droite à gauche puis de gauche à droite. À la fin d’une ligne, il faudrait retourner la tablette de haut en bas afin de lire les pictogrammes inversés. Une énigme de plus...

À la fin du XIXe siècle, monseigneur Etienne Tepano Jaussen est considéré comme le premier homme à avoir tenté de déchiffrer les tablettes rongorongo. Il a compilé tous les signes et tenté de donner une signification à chacun d’eux. Pour y parvenir, il s'est fait aider par un natif rapanui, nommé Metoro Tau’a Ure, qui travaillait comme ouvrier à Tahiti. Lorsque monseigneur Jaussen lui a montré les quatre tablettes qu’il avait en sa possession, Metoro se mit à chanter devant lui le contenu supposé de ces tablettes. Metoro a su reconnaître tous les pictogrammes gravés mais n’a pas été capable de déduire la fonction de ces derniers dans un contexte précis. Le Père Jaussen quant à lui n’a réussi à comprendre que la façon dont se lisaient les « textes » et la façon dont ils étaient chantés.

À ce jour, seules 21 tablettes ont été retrouvées, aujourd’hui dispersées dans le monde, dans des musées ou collections privées. La plus belle collection est sans doute celle de Braine-le-Comte, en Belgique.

Vous l’aurez compris, de nombreuses théories ont été avancées, des progrès dans l’interprétation de ces signes ont été faits. Néanmoins, les spécialistes ne sont pas tous du même avis. Les opinions divergent. Le mystère reste donc entier.

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